La question du style et de l’image auprès des prescripteurs
Le style même des vins y est sans doute pour quelque chose. Traditionnellement, Juliénas propose des vins pleins, colorés, rustiques dans leur jeunesse, parfois durs les premières années. Ils exigent patience et attention pour révéler leur vrai visage (belle évolution sur des notes de kirsch, de ronce, de violette confite, une structure patinée après cinq à dix ans de cave). Mais ce profil, moins immédiatement séduisant que la séduction fruitée de Fleurie ou les tanins civilisés de Côte de Brouilly, pénalise la première impression.
L’absence d’unicité dans l’offre dessert, là aussi, le cru. Morgon a construit tout son prestige sur son aptitude au vieillissement (certains 2010 et 2011 sont encore vibrants aujourd’hui, La Revue du Vin de France et Bettane+Desseauve le rappellent régulièrement). Moulin-à-Vent joue la carte des analogies bourguignonnes, prêtant à ses meilleures cuvées des airs de pinot noir de la Côte de Nuits. Juliénas, lui, se cherche : ni tout à fait simple et immédiat, ni vraiment reconnu pour son élaboration de garde.