Perspectives et tendances : pourquoi cette dualité perdure (ou s’accentue)
La distinction entre Juliénas structuré et fruité n’est pas une simple mode ou un clivage passager. Elle traduit une volonté affirmée chez les vignerons de montrer les multiples visages de leur cru, loin du cliché du seul Beaujolais primeur ou du « petit vin de brasserie ».
La montée en gamme de certaines cuvées, portée à la fois par une demande d’amateurs éclairés et par le retour en grâce du terroir, pousse à l’élaboration de vins amples, voire ambitieux, capables de rivaliser avec d’autres grands rouges du secteur (à l’image du Moulin-à-Vent ou du Morgon). Dans le même temps, le renouveau des vins fruités, digestes, signe une réhabilitation du plaisir simple, celui d’un verre qui se partage et se vide sans façon.
Les dégustations organisées année après année à la Maison du Beaujolais, tout comme les concours de la Saint-Vincent, montrent que la cohabitation de ces deux styles n’a jamais été aussi saine. Elle reflète aussi la vitalité de vignerons passionnés qui composent avec la matière et l’esprit du lieu, sans jamais sombrer dans l’uniformité.
Finalement, choisir entre un Juliénas structuré et un Juliénas fruité revient à embrasser la diversité d’un cru qui a su préserver, à travers le temps, le meilleur de son héritage et de son esprit festif. L’un ne va jamais sans l’autre : les amateurs éclairés l’ont déjà compris, les autres ne demandent qu’à les découvrir.