Un style de vinification à part entière
La vinification à Moulin-à-Vent se démarque fréquemment : macérations longues (jusqu’à trois semaines dans certains domaines), extraction douce, utilisation ponctuelle mais réfléchie du bois. La vinification traditionnelle beaujolaise (macération semi-carbonique) est moins systématique ici, laissant place à des pratiques plus bourguignonnes, adaptées à la matière première dense. Résultat ? Un vin aux tanins plus anguleux dans la jeunesse, à la texture presque tactile, qui gagne en complexité avec le temps.
Morgon penche pour une fruité affirmé, rond mais presque toujours dominé par un fruit noir et pulpeux, tandis que Fleurie pratique l’art de l’élégance, se montrant parfois proche du Volnay, tout en dentelle.
De grandes maisons comme Château des Jacques ou Jean-Paul Brun défendent ce style : « Un grand Moulin-à-Vent peut vieillir 15 à 20 ans sans faillir, révélant des notes de rose fanée, de truffe, de cerise à l’eau-de-vie, de réglisse et de poivre », détaille Frédéric Berne, vigneron du cru (, n°663).