Expériences et avis croisés : sommeliers et vignerons sur le terrain
Chez les vignerons de Chénas — pensons à la Famille Lafont, ou au domaine du Bois de la Salle — la tradition veut que l’on goûte d’abord dans un verre universel, puis, sur les plus beaux flacons, dans ce fameux verre à Bourgogne. Plusieurs cavistes lyonnais (dont la Cave Valmy et Le Troisième Fleuve) confient qu’en dégustation comparative, c’est le verre à ballon resserré qui sort vainqueur sur 80 % des millésimes après 5 ans de garde.
Les sommeliers de restaurants étoilés de la région (La Table de Chaintré, Auberge du Cep) affirment également que le Chénas prend une tout autre dimension dans un verre bien plus large que la moyenne : « Le Gamay aime respirer, il doit s’arrondir ; l’étroitesse casse la poésie et resserre les tanins », souligne Rosanne J., cheffe sommelière.
Une anecdote revient souvent : lors d’un salon à Fleurie, chaque cru du Beaujolais était servi dans le même verre générique. Après deux heures, les Chénas les plus réputés passaient totalement inaperçus. Changement de verre, et tout s’éclaire : soudain, la rose, l’iris, le girofle, la cerise montent en puissance, les tanins se lissent. C’est ce genre de détail qui transforme une simple dégustation en souvenir marquant.