Côte du Py : le cœur battant de Morgon
S’il ne fallait citer qu’un climat, ce serait sans doute celui-ci. La Côte du Py s’élève comme une butte isolée entre Villié-Morgon et le hameau de Morgon. Son nom claque comme une promesse et attire depuis des décennies vignerons audacieux, dégustateurs aguerris et collectionneurs passionnés.
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Topographie : Butte culminant à 352 mètres d’altitude, cœur géographique et symbolique de l’appellation.
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Sols : Schistes pourpres et roche décomposée (manganèse, oxydes de fer), terres maigres et caillouteuses qui drainent parfaitement.
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Caractère des vins : Les Morgon Côte du Py sont charpentés, profonds, structurés, avec une couleur intense, des arômes de fruits noirs, parfois de kirsch, et des notes pierreuses presque fumées. Ce sont les vins de garde par excellence du Beaujolais, capables, dans les grands millésimes, d’étonner après 10 à 20 ans de repos en cave.
Historiquement, la Côte du Py a fasciné les négociants. Dès la fin du XIX siècle, on la citait comme « le Grand Cru du Beaujolais » (source : Le Vigneron français, archives 1898). Aujourd’hui, la butte regroupe environ 250 hectares, soit un quart de l’appellation, et héberge quelques figures de la viticulture locale – Jean Foillard, Guy Breton, Dominique Piron, entre autres.
Une anecdote ? Au début des années 2000, le magazine La Revue du Vin de France notait que sur dix des plus vieux Morgon recensés dans ses dégustations (“verticales”), huit provenaient du Py, preuve du prestige et de la longévité de ce terroir.