Portraits croisés : Chénas et Moulin-à-Vent, deux identités, deux caractères
Chénas : la discrète élégance
- Superficie : environ 250 hectares (source : Inter Beaujolais)
- Commune principale : Chénas, et une partie de La Chapelle-de-Guinchay
- Altitude moyenne : 250 à 450m
- Sol : sables granitiques mêlés à quelques argiles et quartz
Resté longtemps le plus confidentiel des crus, Chénas porte le nom d’un ancien bois de chênes – une singularité dans les AOC bourguignonnes, et une promesse de complexité. On dit souvent de Chénas qu’il “fleurit” en vieillissant. Sa robe cerise peut paraître discrète, mais il gagne en parfumée et délicatesse avec le temps. Sur les meilleurs millésimes, on débouche des bouteilles de 10 ans au bouquet envoutant : pivoines séchées, épices douces, sous-bois, noyau de cerise. Le grain de tanin est d’une finesse rarement égalée parmi les crus.
Moulin-à-Vent : la force dans la longueur
- Superficie : un peu plus de 650 hectares (source : Inter Beaujolais)
- Commune principale : Romanèche-Thorins et Chénas, en partie
- Altitude moyenne : 220 à 330m
- Sol : granites riches en manganèse, argiles
Au fil des décennies, Moulin-à-Vent s’est bâti la réputation du cru le plus “bourguignon” du Beaujolais. Longtemps assimilé à “un vin de garde”, il impressionne par le sérieux de sa structure tannique, mais sait pourtant cultiver l’élégance. Dès sa jeunesse, son nez évoque la violette, la framboise écrasée, la cerise noire. Après quelques années, c’est le cuir frais, le poivre, la truffe qui se dévoilent. La finale, elle, reste toujours droite et persistante.