Chénas : l’histoire d’un vignoble à part
Sitôt que l’on s’approche de la frontière nord du Beaujolais, on perçoit comme une respiration entre deux mondes : à l’est, le Moulin-à-Vent – souvent cité comme la référence des crus puissants. À l’ouest, Chénas, son alter ego discret, délimité par la petite commune du même nom (moins de 300 habitants), s’étend sur une magnifique mosaïque de coteaux. C’est le cru le plus rare du Beaujolais en volume, avec moins de 300 hectares plantés – une quasi exception, face aux 1 100 hectares de Morgon ou aux 850 de Brouilly (beaujolais.com).
Le nom « Chénas » vient du latin quercus, qui désigne le chêne, mémoire vivante de la forêt royale qui couvrait jadis le secteur. Au Moyen-Âge, les moines puis les seigneurs locaux ont patiemment remplacé les arbres par des ceps de gamay, apprivoisant des terroirs granitiques et silico-argileux que la vigne a fini par dompter.