Le cru Chénas : une singularité sculptée dans l’histoire et le granit
Discret mais redoutablement racé, Chénas fait figure d’énigme au sein des dix crus du Beaujolais. Il intrigue par sa stature, sa longévité et son caractère qui, parfois, évoquent davantage les nobles flacons du nord du Rhône que les vins attendus de cette région. Pourtant, il suffit d’un verre : des arômes profonds, une structure affirmée, l’éclat du fruit mûr enlacé dans une robe oscillant entre grenat et rubis. Quelle histoire, derrière ce cru qu’on résume trop vite à “l’autre rive” de Moulin-à-Vent !
Le nom de Chénas est une évocation directe de sa nature : issu du mot “chêne”, il désigne un lieu autrefois couvert de forêts, défriché dès le Moyen Âge pour la vigne. Dès le XVIIe siècle, Louis XIII en aurait fait ses délices à la table royale.
Aujourd’hui, Chénas reste un bastion modeste par la taille (seulement 280 hectares, le plus petit des crus) mais remarquable par l’attention portée à chaque parcelle. Son vignoble s’étend essentiellement sur la commune de Chénas et – fait notable – une partie de La Chapelle-de-Guinchay, en limite de Saône-et-Loire.