La vinification semi-carbonique : l’âme du Beaujolais, la gourmandise du fruit
Ici, toute la singularité du Beaujolais s’exprime. La vendange est placée entière en cuve (très souvent béton ou acier), sans égrappage. On ferme la cuve, la chaleur naturelle active la fermentation à l’intérieur des baies sous l'action du CO₂ produit, c’est la fameuse fermentation intracellulaire. Après quelques jours (en général 4 à 8), les grappes éclatent sous la pression du CO₂, libérant moût et jus. Le reste de la fermentation se déroule alors selon un mécanisme plus classique (levures indigènes ou sélectionnées selon les vignerons).
Ce procédé met en valeur le bouquet aromatique du gamay : des fruits rouges vifs (framboise, groseille, cerise), des notes florales presque aériennes, et ce fameux côté “bonbon anglais” que certains affectionnent tant à la dégustation.
- Structure plus souple : tanins fins, bouche rondouillarde, finale souvent friande.
- Accessibilité : on boit ces vins plus tôt, la complexité gagne cependant avec 2-3 ans de bouteille.
- Simplicité technique mais vigilance : la maîtrise des températures est primordiale pour ne pas perdre fraîcheur et fruité. (source : Institut Français de la Vigne et du Vin)
Au domaine de la Chapelle des Bois, les Frères Chastel y voient un moyen d'exprimer la part la plus avenante du cru, tout en conservant l’empreinte du granit local. Leurs cuvées, toujours ouvertes sur le fruit, n’en restent pas moins fidèles à la profondeur du terroir.