Entre cuve et fût, le choix d’un équilibre singulier
Ce qui signe aujourd’hui l’identité du Brouilly, c’est la liberté revendiquée par ses vignerons. Certains jouent la carte d’un style limpide, tendu, fait pour chanter la jeunesse du gamay. D’autres cherchent des accords audacieux avec le bois pour façonner des vins de garde au profil “bourguignonnant”. Entre les deux, toute une palette de nuances s’invente : élevage court sur lies, fûts anciens, demi-muids, ou même amphores sur quelques micro-cuvées.
Pour l’amateur, un message : goûter, comparer, revenir, laisser filer le temps. Lors d’une dégustation horizontale chez un caviste lyonnais, huit Brouilly du même millésime, élevés de façon différente, racontaient chacun une histoire unique. Plus qu’un dogme, le choix de l’élevage, en cuve ou en fût, révèle la créativité des hommes et la fraîcheur d’un terroir. Le Brouilly continue ainsi de surprendre, gardant l’élégance de l’authenticité et l’ambition d’aller toujours plus loin dans le plaisir du vin vivant.
Sources : Inter Beaujolais ; “Le Brouilly, grand cru du Beaujolais” (La RVF, 2021) ; entretiens avec Claude Geoffray (Château Thivin), Bernard Bachelard, Laurent Martray ; dégustations organisées à la Cave de Brouilly et par Les Amis du Gamay.