Le cru Fleurie : un terroir spécifique à l’épreuve du climat
Cultiver la vigne à Fleurie, c’est jouer avec des altitudes variant entre 220 et 430 mètres, des pentes parfois spectaculaires, et un sol dominé par le granit rose – réputé filtrant, pauvre, mais porteur d’expression. Sur ces coteaux, le gamay noir à jus blanc donne des vins fins et parfumés, mais dont la typicité est sensible à la moindre variation du climat.
Or, sur la dernière décennie, le Beaujolais a vu sa température moyenne grimper de près de 1,4°C depuis 1950 (source : IFV, Institut Français de la Vigne et du Vin). Les dates de vendanges reculent régulièrement : début septembre devient fréquent, là où jadis, on récoltait au cœur du mois. Cette précocité accélère la maturité du raisin, bouleversant l’équilibre sucre/acidité, et posant la question de la préservation de la fraîcheur qui fait la signature des Fleurie.
- En 2003 (grande canicule), la vendange s’est achevée dès le 20 août à Fleurie. Une première historique.
- En 2022, nouvelle année extrême, plus de 26 jours de températures supérieures à 30°C ont été comptabilisés sur l’aire du cru (source : Météo France / CIVB).
- L’augmentation de la concentration en sucres dans le raisin entraîne fréquemment des degrés alcooliques dépassant 13,5% vol., là où la tradition tablait sur 12 à 13%.