Moulin-à-Vent, un laboratoire du Beaujolais XXIe siècle ?
Ce renouvellement n’efface pas la tradition – il s’en nourrit, la questionne, la décale. Beaucoup de jeunes domaines collaborent avec les aînés, remettent à l’honneur des pratiques oubliées (comme la complantation avec du Gamay blanc ou du Chardonnay sur de très vieilles parcelles), mais s’interdisent toute imitation pure et simple.
Le cru Moulin-à-Vent, par sa diversité géologique, son histoire contrastée et la pugnacité de ses jeunes acteurs, s’impose comme un laboratoire pour toute la région. Depuis 2019, plusieurs micro-expérimentations – plantation de cépages résistants au réchauffement (comme le “Gamay Fréaux”), essais de couvre-sols mixtes – augurent la mutation douce d’un terroir en mouvement perpétuel (Vitisphere).
Le dynamisme de ces jeunes vignerons attend de nouveaux dégustateurs pour écrire la suite : ceux qui veulent éprouver le terroir différemment, explorer des accords inédits, interroger les certitudes. Le Moulin-à-Vent fait sa révolution tranquille, ancrée dans le vivant et le goût, portée par une jeunesse qui n’a peur ni du risque ni du doute.