Pourquoi Chénas a-t-il la réputation d’un vin de garde ?
Chénas, dans sa jeunesse, célèbre des notes de fruits rouges, de violette, de pivoine, voire d’épices douces. Mais contrairement à la majorité des crus du Beaujolais (certains Brouilly ou Régnié, par exemple), il ne brille pas nécessairement par une immédiateté affriolante. Son équilibre penche vers la puissance et la structure.
Historiquement, cette réputation ne vient pas de nulle part : il n’existe qu’à voir les archives du maire de Chénas au XIXe siècle, lesquelles font mention de « vins gardés dix, quinze ans et plus, plébiscités à Paris pour leur robustesse ». Plus récemment, Georges Duboeuf – grand défenseur du cru – citait régulièrement des dégustations verticales mettant en avant des Chénas du début des années 60, encore vibrants de complexité.
Cette aptitude n’est pas fortuite, elle tient à trois caractéristiques majeures :
- La structure tannique : le Gamay sur granite développe ici des tanins plus fermes, supérieurs à la plupart des autres crus. Ils offrent un « armature » au vin, garant d’une bonne évolution.
- L’acidité naturelle : équilibrée mais présente, elle permet au vin de garder fraîcheur et vivacité sur plusieurs années, qualité essentielle pour la garde.
- Le potentiel aromatique : jeunesse sur fruits rouges et fleurs, mais évolution possible vers des notes de sous-bois, de cuir et d’épices fines.