Les vins de garde à Chénas : reconnaître le profil idéal
Il n’y a pas de recette absolue, mais certains indices laissent présager qu’un Chénas est fait pour traverser le temps :
- Des tanins fermes, sans dureté – qui "pellent" plus qu’ils n’assèchent.
- Une belle acidité en finale, signe de fraîcheur et gage de longévité.
- Un fruit intense mais pas démonstratif, avec une palette entre la cerise noire, la violette et l’iris.
- Un boisé subtil, quand il est présent (mais la plupart des Chénas restent très authentiques, avec un élevage maîtrisé).
Une dégustation à l’aveugle organisée par l’Inter Beaujolais en 2019 a couronné plusieurs vins de 2011 et 2015, qui rivalisaient sans rougir avec de grands Morgon ou Moulin-à-Vent du même âge (source : Inter Beaujolais, rapport public).
Le rôle déterminant du vigneron
À Chénas, la sensibilité de chaque producteur est capitale pour envisager la garde de ses vins. Plusieurs domaines travaillent aujourd’hui des cuvées issues de vieilles vignes, sur des parcelles granitiques à faible rendement, donnant des jus denses, profonds, taillés pour la patience :
- Domaine Piron – Clos Les Rochettes, cuvée à forte présence tannique, qui se fond à merveille après 8 à 12 ans de cave.
- Domaine Paul Janin – Vieilles vignes, élevées souvent partiellement sous bois, pour une amplitude et une profondeur impressionnantes après une dizaine d’années.
- Domaine Merlin – Surtout depuis 2015, la vinification parcellaire offre une précision sur la garde remarquable.
Chez ces vignerons et d’autres (Jacques Charlet, Pascal Aufranc, Pierre Dupond), le respect des vinifications traditionnelles – macération semi-carbonique modérée, juste extractions, élevage patient – garantit une belle stabilité pour ceux qui souhaitent oublier quelques bouteilles.